La bastide de la Cortésine

« La Cortésine »: voilà un nom qui est apparu récemment sur les multiples panneaux du PNU qui ont fleuri dans le quartier ces derniers temps. Le bois de la Cortésine est en effet un des maillons de ce Parc Naturel Urbain (PNU) dont on parle beaucoup en ce moment. Racheté en 2018 par la Ville, ce bois est actuellement en pleine réhabilitation et son accès devrait réouvrir prochainement.

Mais quelle est donc cette « Cortésine » ? D’où vient ce nom ?

Il s’agit d’une superbe bastide nichée au fond de ce fameux bois de la Cortésine, encore occupée aujourd’hui mais en mauvais état.

Bastide de la Cortésine – mars 2017

Elle appartient aujourd’hui à la famille Allais-Torres – c’est cette même famille qui possède également la bastide du Grand Barret. On y accède par la traverse de la Cortésine, qui est son accès principal au nord, et par une servitude de passage au sud, au fond de l’avenue Villemus.

Datée du XVIIème siècle, elle est répertoriée dans l’inventaire du patrimoine de notre quartier publié par notre CIQ en 2012 sous le numero 71 (p127-128). Elle apparaît sur la carte de Cassini (1744) et sur le cadastre napoleonien (1848).

Carte de Cassini (1744) et cadastre napoleonien (1848)

René Borricand, auteur et éditeur aixois né en 1931, la décrit de la façon suivante: «Cette bastide, située dans un parc arrosé par la rivière la Torse, appartenait en 1900 à la famille de Courtois. Albert de Courtois, né en 1831, ancien consul de France et peintre amateur, y avait installé son atelier. Il obtint en France et en Italie de nombreuses médailles, à l’occasion de ses expositions. Elle a depuis souffert et perdu, en particulier, des gypseries Louis XVI signalées par Dobler. L’habitation principale offre une façade à trois étages de cinq fenêtres. L’une des entrées y conduisant est ornée de deux pilastres Louis XVI en pierre de Rognes, surmontés d’une pierre ouvragée.»

La propriété fut en effet acquise en 1893 par Albert de Courtois (1831-1922), dont les armes trônent au dessus de la porte d’entrée de la bastide, surmontées d’une date qu’on devine (1897 ?). Le nom de « Cortésine » est donc un dérivé de celui de son propriétaire, « Courtois » (cf brochure ci-dessous).

Elle est composée d’un premier corps de bâtiment imposant, flanqué d’une tour au nord ouest et d’une aile aux élégantes arcades à l’est.

La tour, en 2012
Facade et aile est, mars 2017

Cette propriété devient pour Albert de Courtois un lieu de villégiature où il aime à venir peindre, ce qui nous vaut aujourd’hui de nombreux tableaux et esquisses des lieux (reproduits dans la brochure ci-dessous) ainsi que quelques photos d’époque. Il est intéressant de rapprocher quelques-unes de ces vues de l’état actuel des lieux:

Facade, 2017 vs années 1915-1920 ?
Aile est du bâtiment, avec ses arcades – 2017 vs aquarelle A. de Courtois (1900-1920 ?)
Escalier descendant vers la Torse, 2012 vs tableau et aquarelle A. de Courtois (1897-1922 ?)
Portail nord, 2020 vs esquisse A. de Courtois (1900-1920 ?) avec ses « deux pilastres Louis XVI en pierre de Rognes, surmontés d’une pierre ouvragée. »

Le mur d’enceinte de la propriété abrite caves et souterrains, visibles depuis la coulée verte, le long du Baret.

Mur d’enceinte côté Baret, 2012

Côté Torse, ce sont les vestiges d’un lavoir qui semblent émerger du lit de la rivière en 2012;

Mur d’enceinte côté Torse, 2012

Au décès d’Albert de Courtois, cette propriété sera léguée au diocèse puis transmise à plusieurs propriétaires successifs avant d’être acquise en 1956 par la famille des propriétaires actuels. La petite histoire raconte que cette bastide aurait été utilisée, pendant l’occupation, comme lieu de stockage d’archives nationales.

La genèse de ce lieu est retracée sous forme de témoignage dans la brochure « Albert de Courtois (1831-1922) à la Cortésine », éditée par le CIQ en 2012:

Fascicule-cortesine-allege-oct-2012

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